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les tirages argentique nb et polaroïds sont scannés, puis enregistrés pour le web, ils perdent beaucoup de netteté, je tiens à le rappeler.... Seul le tirage-objet-papier compte !

journal 2000-2005

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Index de l'article
journal 2000-2005
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mars 2000
(...) L.K. m'achète un paysage du Népal et N.H. me fait une commande de portraits....

jeudi 20 avril 2000
(...)
C.G. relance l’écriture ... Mes idées sur la photographie...
(...)
mardi 25 avril 2000
Table ronde à propos de l’exposition Magnum ; (...) La question qui est soulevée est que veulent les photos-reporters - ceux qui “couvrent” l’actualité - au marché de l’art ? Peut-on mettre au mur des photographies qui ont été faites pour une diffusion-journal, faire de beaux tirages et leur donner une valeur d’oeuvre et comment peut-on donner valeur d’oeuvre à ces images de guerre, au fond qu’est-ce qu’une oeuvre, qu’est-ce qui fait valeur d’oeuvre ?
quelle est la déontologie de Magnum?
Cette après midi j’ai vu l’exposition Salgado, (...) les tirages claquent, presque tous passés au ferricyanure de potassium, pour que ça claque mieux. Tous ces pauvres gens déplacés, c’est comme si on les tuait deux fois, quelle consommation ! deux cents ou trois cents photographies exposées, j’en prendrai dix et ça suffit, masse d’images de masses de gens, sentiment de dégoût d’être là à les regarder, dans la pudeur au mieux, dans l’impudeur c’est sûr. (...) il faudrait que les tirages soient moches comme les situations montrées, moches et sales, l’esthétique nous maintient dans le regard, l’esthétique nous maintient dans la consommation, l’esthétique me permet de regarder ce que je ne pourrai pas voir au dixième sans vomir, beauté factice car cela n’est pas beau, (...) les images sont frontales les lumières sont presque partout les mêmes alors qu’il photographie à des endroits différents de la planète, pourquoi ?
Les images de Naples d’Herbert List sont infiniment plus belles, les gens dans les rues y sont pauvres, mais les photographies en elles-même sont pudiques,
(...) Faire de beaux tirages pour faire passer l’horreur, dit une femme dans le public à la table ronde ce en quoi Mr Lemagny, l’incontournable Mr Lemagny répond d’un ton dogmatique qu’il faut savoir de quoi on parle, si c’est de morale... Eh bien oui, c’est de morale que cette femme essayait de parler, la photographie peut-elle faire l’impasse de la morale ?
A quoi je m’engage ? et comment ? Si la photographie de la petite fille courant nue, sur une route bombardée, au Vietnam a fait prendre conscience aux Américains de l’atrocité de cette guerre, ce n’est plus le cas aujourd’hui, cette photographie a été publiée dans les journaux et non accrochée sur les cimaises en tant qu’oeuvre... car faire acte d’oeuvre est un point de départ bien spécifique, (...)
Mais pour continuer à boire, à se lever, à aller travailler, à vivre, à aimer, il faut fermer les écoutilles, (...) ne sommes-nous pas concernés par la cause des autres, ne pas voir, ne pas savoir, car comment continuer à vivre, c’est bien ce que dit cette femme dans le film de Ruth Beckermann “A l’est de la guerre” : si je dois croire de mon père, mes oncles ont fait cela , je devrais me pendre”.
Raymond Depardon dit : “les photo-journalistes ont du mal à se considérer comme des auteurs”, ...ils ont raison de ne pas se considérer comme des auteurs, ils sont des photo-journalistes liés à la consommation, à cette grande idéologie de l’information, "et qu’est-ce que cela change, on ne savait pas" disaient-ils... eh bien maintenant on sait, presque même en simultané, et qu’est-ce que cela change ?

avril 2000
C.V. et G.R. m'achètent deux paysages du Népal, petits formats, montés sur Arches.

 

jeudi 18 mai 2000
Le principal reproche fait à Salgado, après lecture des articles de JF C.et M.G. est de passer de l’un au grand totalisant d’une réalité mondiale, de ne pas respecter au fond avec l’image la nature individuelle humaine, de faire des situations des appels pour tous; effectivement pour récolter des fonds c’est très bien, pour ce qui est de la question de la photographie c’est bien une et une seule grande image que j’ai senti à l’exposition. La guerre des photo-journalistes envers les artistes est toujours la même ; les artistes ne seraient pas en prise directe avec la réalité et en cela ils sont discrédités. C’est bien peu connaître la sublimation de chacun. Au fond c’est la vieille guerre, la photographie gardienne directe du réel, gardienne et servante comme le disait Arago. Pourtant, depuis - dans les différentes périodes de sa courte histoire - beaucoup ont travaillé cette question de la réalité, du réel, que cela soit en prise directe, ou en prise métaphorisé. je reste convaincue que le débat est assez bas, qu’il nous faudrait analyser les oeuvres des photographes de façon plus précise et essayer de savoir ce que le photographe a mis en jeu et comment, de sa propre question du réel.
Le texte - conversation de Kafka avec Gustav Janouch à propos de la photographie, est toujours d’actualité. De sa propre question du réel et de sa perception des formes du monde, au lieu de coller à la réalité des sujets. Ce qui touche, est-ce au fond, cette réalité des sujets - quels qu’ils soient - ou la manière du photographe de la mettre en “mouvement” en “branle” sur l’image, dans l’image, en image.

samedi 27 mai 2000
Journée de rencontres hier, toutes rue Mazarine ! Après avoir vu au cinéma “Wittgenstein” et à la suite “Le premier du nom” de Sabine Franel, très beau film sur la mémoire, je me rends à l’expo Pierre Molinier à la galerie Kamel Mennour. Dans la rue, de loin je reconnais S., psychanalyste à Montpellier, il a toujours l’air de regarder au-dessus de la rue et de chercher quelqu’un, (...)
Exposition Pierre Molinier. Je trouve les tirages pas comme d’habitude, plus blancs, moins denses, pas de cette teinte un peu charbon, un peu diffuse, un peu terne dans de la lumière, dans une lumière par-dessous, des tirages que je connaissais. (...) Les prix vont de 7.500,00 frs, 9.500,00 frs à très vite, 15,17,23.000 frs. D’où sortent ces tirages : c’est la fille légitime de Pierre Molinier, Monique Molinier qui les vend. La femme qui pose sur certaines des photographies est venue au vernissage, elle a maintenant soixante-dix ans, c’était paraît-il très émouvant de la voir, là. Les tirages qui me plaisaient sont déjà vendus ! (...) Avoir un Molinier chez soi, ça doit être pas mal !!!
Deuxième rencontre : C.C. (...)
Et troisième rencontre, je vais voir ce qu’il y a chez Herschritt et je tombe sur A-D.D. (...) Elle fait toujours les mêmes remarques sur les jeunes de 20 ans, (...) Moi, je les trouve formidables les jeunes de 20 ans, Faut voir mon élève N., quelle énergie, quel appêtit de faire, d’apprendre. (...)
A la galerie Marion Meyer, ça discute dollars, et étalage de chiffres d’affaire de telle ou telle foire d’art contemporain, aux US... of course !

lundi 29 mai 2000
Je découvre Pontalis, trouve cette écriture magnifique, simple, la parole y est donnée dans le je, (...)


mercredi 31 mai 2000
J’ai été cette nuit bouleversée à la lecture de “L’homme qui disparait”, Pontalis, toujours!
Son écriture me donne envie de photographier l’homme, lui . C’est rare. (...) Il faut travailler avec ce qui apparaît, (...)
(...) Comment la lumière accroche, s’accroche à la matière et comment, de ce fait, une, des colorations sont donnnées. (...)

jeudi 8 juin 2000
Tous mes visages dans leurs visages, en forces conjuguées. (...) enchevêtrement d’êtres. Il y a lien, de façon indissoluble, (...) la part à donner.
Avancer vers l’autre et mettre de l’espace, entre. Aimer cela, malgré la peur.

mardi 13 juin 2000
Labo, cet après-midi, j’ai fait un tirage d’une photographie de “la série des 32” pour C.C. qui veut l’acheter. (...) impossible de retrouver les mêmes tonalités : le papier a changé, ma chimie a changé, mon agrandisseur a changé. Dans l’esprit de... c’est bien comme ça qu’il faut faire un tirage tardif. (...)
J’ai fait de très jolis portraits de C.N. je vais lui envoyer des planches-contacts.
Acheté un livre sur Dorothea Lange, le texte complètement d’actualité, par rapport au débat “Magnum” et au débat “Salgado”. Le commanditaire de la F.S.A s’est fâché avec DL. parce qu’elle faisait des tirages des photographies pour une grande exposition au Mnam ; le débat donc ne date pas d’aujourd’hui. ! Les images appartenaient au Fsa et n’étaient pas destinés à l’exposition.

2 juillet 2000
Deux messages sur le répondeur, dont un aujourd’hui dimanche, de C. qui repousse son dernier cours et ne viendra pas. Décidément, terminer, c’est douloureux pour tout le monde. Quel dommage, j’espérais bien que ce serait un très beau dernier cours avant qu’elle ne reparte vivre au M.

4 juillet 2000
(...) J’ai fait, aujourd’hui des polaroïds sous la pluie. Extraordinaire cette matière possible. Vraiment j’ai commencé à comprendre où est la lumière. Comment faire pour aller à Arles voir l’exposition de Tina Modotti.
16h50 C.C. téléphone pour dire au-revoir ; j’aurais préféré qu’elle vienne mais c’est bien, aussi ! J’avais préparé un petit paysage pour lui offrir, je reste avec.

vendredi 21 juillet 2000
(...) Le bouquet est magnifique ! je fais des polaroïds, lui en offre un.
Il faut que j’écrive à A. (...) ranger, remettre en état, organiser pour la rentrée. Le patron de la librairie (...) m’a gentiment proposé de laisser des papiers publicitaires pour les cours (...) Viens de lire le livre de Isabel Ellsen “Je voulais voir la guerre”. Très beau témoignage, un peu incomplet quant à une profondeur d’analyse, mais très juste, et très révalateur du travail de photographe de presse. A relire de plus près.
Il faut tirer la forme dans le viseur, par rapport à l’espace du viseur, par rapport à l’espace, à travers.

jeudi 3 août 2000
(...) je tombe sur un article sur ... A.G. .... Signes...


6 septembre 2000
Le portrait est plus difficile à envisager à acheter. (...) il faut que le portrait abstrait, pour qu’il prenne figure de portrait. Comme figure.
Vu à Arles la superbe exposition des photographies de Tina Modotti. Je ne regrette pas le voyage ! c’est la grande émotion de l’été.
(...)
G. m’a acheté un triptyque paysage du Népal pour l’offrir à E. (...)
(...)


mercredi 13 septembre 2000
Une image, dans le métro : Une grande affiche publicitaire : un énorme perroquet très coloré - comme tout bon perroquet - , semble se balancer, toutes griffes accrochées sur un perchoir ; sur le quai, assis, un homme en short beige, tous poils des jambes dehors, une jambe repliée presque sous son menton, semble perché sur son siège orange....
la ressemblance est frappante !
Repris les cours, labo avec N., développement de ses films (...)
(...)

jeudi 21 septembre 2000
(...)
(...)
Sorti une petite série de photographie faite en juillet, avec des tâches de lumière, pour C.G. Il faudrait presque toujours reprendre les photographes, et les photographies que l’on a regardées, que l’on a aimées, et à nouveau les regarder, les questionner, en même temps que de continuer à découvrir de nouvelles oeuvres.

lundi 2 octobre 2000
(...)
C.G. a beaucoup aimé la série de photographies que je lui ai offertes (...)
Je veux faire, en plus, un bain de préservation à l’or.
(...)Travail sur la transcendance et sur l’immanence de la réalité. comment les trouver ?

mardi 17 octobre 2000
(...)
Un devis à faire pour trente six tirages format 50x60, peut-être... j’aurai à investir dans des cuvettes.
L’exposition “Curtis” est une pure merveille, photogravures sur papier de soie, ou tirages au platine, les portraits sont beaux, les Indiens sont beaux, c’est fort, très fort.
Par contre grande déception pour les photographies de Faigenbaum, moi qui aimais tant les portraits des grandes familles italiennes, avec des tirages très sombres, anthracite à la limite du visible, là on est dans des grands formats couleurs des sempiternelles photos des banlieues, ou portraits presque d’amateur. Rien ne me retient.
C’est dur d’aller à une transcendance, et cela a tellement l’air bête dans l’air du temps, de chercher cela.
La guerre avec les images continue en même temps que la guerre au Moyen-orient, images d’un fils palestinien tué sous le flanc de son père, filmées, montrées dans le monde, et réplique presque immédiate, d’images de lynchage d’un soldat israélien, filmées et montrées dans le monde. Qu’est-ce qui révolte le plus ? A t-on le droit de manipuler les foules avec les images, on ne compte plus le nombre de synagogues incendiées en France, évidemment, il se passe très certainement là-bas des choses encore plus terribles dont on n’est pas au courant, et qui ne sont pas filmées. Informer, ou se servir de l’image comme moyen de pression, que faut-il ? Le glissement de l’un à l’autre est très fin.
Le film de Chantal Akerman “La captive”, attention chef-d’oeuvre !!! à voir et à revoir.

dimanche 22 octobre 2000
J’ai vu l’exposition des oeuvres d’Anselm Kiefer à la Chapelle St Louis de La Salpétrière,
en compagnie de N. et de son papa, W.H. Découverte. Les oeuvres sont monumentales, épousent les niches de la chapelle pour laquelle elles ont été conçues. Matières, sensation à la fois de granulation, de quelque chose qui râpe, qui arrache, qui est projeté, ensablé, gratté, croûtes de peinture qui craquellent ; lorsqu’on se met en dessous des toiles, qu’on les “prend” en se confondant, dans leur espace, on a la sensation d’une immensité à la fois agréable et impressionnante, comme si on faisait partie de cet espace. En s’éloignant, on replace l’oeuvre dans une frontalité, plissé par en dessous, comme quelque chose au dessous de laquelle on est. Magnifique et impressionnant. Entre les personnes en présence, (...) grande simplicité d’échanges, un grand respect, et quelque chose qui habite chacun, sans doute, nous relie en cet instant.
Justement, B. “mon petit écolier”, doit chercher le sens du mot fraternité. Aujourd’hui, grande première, je l’emmène voir une exposition. J’ai choisi les photographies de Curtis. (...)

mardi 7 novembre 2000
Visite aujourd’hui d’A. (....)
Un article pathétique d’A.G. dans Paris Photo- (...)
B. à l’exposition Curtis, un vrai bonheur : il a lu toutes les étiquettes, son plus gros travail en ce moment - apprendre à lire - trouve écho dans la vie concrète. Il a repéré que le portrait d’un chef de tribu était dans deux pièces... Le même homme, et pas du tout le même portrait, je ne l’avais pas vu ! Quel vivacité ! En sortant nous avons écouté une formation violons-violoncelles-contrebasses, sous les arcades de la Place des Vosges, ses oreilles vibraient. Puis il me “paye un pot” et je lui paye un pain au chocolat, c’est tellement simple, la journée a été délicieuse.
Le Mois de la photo a commencé, je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir les expositions.
(...)