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journal 1991-1999
| Index de l'article |
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| journal 1991-1999 |
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10 janvier 1994
Il y a dans le choix d’une photographie un appel visuel inconscient, notion de l’impact visuel. Première lecture de l’image : représentation formelle, contours, volumes, couleurs, (...) représentations inconscientes - lire l’image
(...) dire la représentation formelle, dire la couleur, dire le volume, (...) dégager du sens, c’est le dire de la représentation
(...) esthétique (...)représentations formelles (...) Dénoter l’impact. (...) émergence.
lundi 7 février 1994
Quelque chose doit s'abstraire pour ne pas rester collé à la représentativité de mon image....
Jeudi 17 février 1994
Il faut chercher la forme. Le savant mélange qui est : la forme donne du sens, le sens produit la forme.Trouver la forme qui va donner au sens, son sens. Si la matière est chose formelle, la matière est aussi signifiante du sens. Et le sens est de matière. Le sujet produit de la matière. Le sujet produit du sens. Il y a une probabilité infime pour que quelqu’un, un jour entende ce que je dis, tel dit. (...) La seule chose possible est de travailler son propre entendement. (...) Voyons-nous vraiment ? Et qu’y a-t-il à voir ? Qu’y a-t-il à donner à voir ? Ce que je vois, un voir parmi les voir. A voir ! A suivre....
26 février 1994
Synthétiser juste pour reprendre un point de départ.
dimanche 27 février 1994
J’ai revu hier “Le mariage de Maria Braun” de Fassbinder, Ce film est de 1978, comme “ L’année des treize lunes” (...)
Il faut que les images aient du sens. (...) Il faut que ce sens dépasse l’endroit de ma propre histoire, mais s’appuyant depuis ma propre histoire, comment rejoint-elle l’histoire de tous ou, est-il possible qu’elle le fasse ? Il faut que la forme rejoigne le sens, que la forme participe au sens, que ça soit par la forme que le sens est donné.
La question : Habiter son propre corps,
Donner du corps à
Séparation du corps et de l’esprit
Donner du corps à l’esprit
Donner du corps à l’esprit
(...)
Si la forme soutient une recherche du beau, le sens peut être ailleurs. Peut-il y avoir distanciation entre les deux ? Si le sens est lié à la forme et si la recherche de la forme est la recherche du beau, la beauté de la forme..., quel peut être la recherche du sens ?
Mercredi 16 mars 1994
Le temps en sens unique. Ne peut être qu’une trajectoire d’un point à l’avancée d’un autre point formant une ligne toujours de l’avant. La seule possibilité du retour sur le temps est la mémoire, le souvenir, la trace. Donc l’esprit humain.
Irréversibilité Irréversible.
C’est la finesse des gammes de gris qui donne la beauté de la forme.
Samedi 9 avril 1994
(...)
Je veux étirer le mouvement d'une façon extrêmement lente pour marquer la profondeur, et la puissance, l'énergie retenue, qu'au bout du compte ce qui va se dire soit, peut-être, moins au premier abord émotionnellement fort, mais plus profondément posé. Avoir plus le temps d'aborder l'image, comme une sorte de retenue, comme lorsqu'on rencontre quelqu'un et que l'on ne dit pas tout, tout de suite.
Avoir le temps d'aborder / AVOIR LE TEMPS D'ABORDER
(...)
Jeudi 14 avril 1994
J'ai acheté hier le cours de chimie photographique de Glafkidès ; très ardu chimiquement parlant mais très intéressant ;
j'y apprends de nouvelles choses, concernant la fabrication des émulsions , et plus de profondeur dans les produits chimiques pour les révélateurs etc... Même si je ne peux pas jongler avec les formules chimiques et le décryptage des combinaisons.
J'ai acheté également le journal de Tarkovski.
J'ai vu, hier toujours, l'exposition des photographies de Sieff. Je n'aime que quelques images , très peu. Au départ j'ai trouvé les tirages très beaux et puis finalement l'uniformité de ces tirages est ennuyante. Si les diffuseurs de la photographie et ses acteurs se plaignent que la photographie ne soit pas vraiment reconnue comme un art, il faudrait qu'ils réfléchissent à comment on s'y prend pour. Lorsque je vois des "images" qui ont été faites parfois à des années d'intervalle et que le résultat est l'uniformité de leur tirage, d'un tirage, on se rend bien compte, là, de la fonction de reproductibilité, mais du coup, où est le bâti de l'oeuvre ? ; demanderait-on à un peintre de repeindre ou de faire repeindre toutes ses toiles même celles faites des années antérieures le jour où il va exposer son travail.
On réclame la beauté du tirage mais c'est plus l'image et son sens qui priment puisque lorsque le tirage est fait à des années d'écart et souvent par un tireur plutôt que par le photographe lui même, il présente ce caractère d'uniformité ; c'est comme si on faisait une nouvelle édition du contenu d'un livre ; l'enveloppe est différente, l'image elle reste, et encore on sait combien l'interprétation du tirage peut modifier le contenu de l'image.
Je sais de plus en plus que je veux travailler à la chambre, et tirer en format environ 40x50, Il faut que je commence à réfléchir aux problèmes techniques que je vais rencontrer dans les vues larges ; dans celles rapprochées, il n'y aura pas de problèmes , la matière "prendra" bien , mais dans les vues larges avec des décors situés pour une part à l'infini métrique, il va forcément y avoir une difficulté d'impression du personnage.
Samedi 4 juin 1994
J'ai envoyé jeudi dernier, les 8 photographies que j'ai faites : des sculptures de Bourdelle au musée Bourdelle, à Mme Rhodia Duffet-Bourdelle, la fille de Bourdelle, une dame âgée maintenant.
(...)
La négociation avec le musée de Tel-Haï en Israël a repris ; Eli Lemberger, après la première négocation, veut à nouveau acheter les 100 tirages albuminés de Bonfils qui restent sur la Palestine. J'ai demandé une commission de (...) cette fois, et il espère que cela sera pour que je puisse aller au vernissage de l'exposition à Tel-Haï. Si la vente se fait, j'essaierai d'avoir des articles de presse. (...)
Samedi 4 juin 1994
Je reçois aujourd'hui le retour des photos Bourdelle. Dans une pochette avec juste deux cartons minces comme protection et bien sûr les tirages sont presque pliés en deux ; autant dire foutus. Une lettre de refus indiquant qu'il y a des photographes attitrés du musée et que donc ma proposition est inutile... et huit tirages "définitifs" pliés en deux.
(...)
20h40
J'ai pensé toute la journée à ces huit magnifiques tirages pratiquement pliés en deux ; c'est le facteur qui les a pliés pour que ça rentre dans la boite aux lettres comme si il ne pouvait pas sonner !, mais de toutes les façons si le musée avait protégé les tirages dans un emballage rigide ça ne serait pas arrivé... quel mépris je n'en reviens pas, quel manque de respect pour le travail d'autrui.
(...)
Lundi 4 juillet 1994
Ca y est, j'ai décidé de partir en voyage en Inde. 6 mois, un an... (...) Acheter des bouquins pour préparer ce voyage.
Mardi 5 juillet 1994
Il a été décidé aujourd'hui que c'est F. S., un de mes élève qui assurera le relais quand je serai en Inde. C'est à lui que j'enverrai les bobines photo que j'aurai faites, il assurera le développement des films, et le tirage des planche-contacts en double exemplaire dont un qu'il me renverra là-bas pour que je sache où j'en suis dans ce que je fais.
Note : ça n'est finalement pas comme cela que j'ai organisé le développement de mes films, j'ai emporté une cuve de développement, des spires, des produits chimiques en poudre (Em. m'en a renvoyé en cours d'année...), un manchon pour bobiner mes films sous spire dans le noir complet, et j'ai développé dans les salles de bains des hôtels, en coupant des bouteilles pour faire des "béchers", en mettant à sécher sur des cintres avec des pinces.... le plus difficile a été la température de l'eau (très chaude à certains endroits) et n'avoir que deux spires, ce qui m'obligeait à développer toute la journée en regroupant les films
(...)
Mercredi 6 juillet 1994
Conversation par téléphone avec M.G., journaliste au journal "Le Monde":
je le tiens informé : j'organise une vente de photographies de Bonfils avec le Musée de Tel-Haï en Israël, et lui demande si cela l'intéresse de faire un papier. "Non cela ne l'intéresse pas... parce que l'évènement est banal... cela arrive si souvent maintenant, que des ventes se fasse entre un musée et des collections privées qu'l n'y a pas de quoi faire un papier" !... (...)
Jeudi 7 juillet 1994
Hier, mercredi 6 juillet, rendez-vous à 16 heures avec Eli Lemberger, directeur du Musée de la photographie de Tel-Haï en Israël, pour la deuxième vente de 100 tirages originaux albuminés de Bonfils. C'est L.C. qui s'occupe de gérer la collection familiale. Nous partons ensemble de Montpellier, dans sa super Honda et mettons 3/4 d'heure pour arriver jusqu'à Arles ! Rencontre avec Eli. Ravi de nous voir, accolades, embrassades... Mais l'ambiance est différente par rapport à la première négociation où il était venu à Montpellier chez Lucienne fille d'Adrien Bonfils, petite-fille de Félix.... Il est pressé !
(...)
11 mai 1995
J'ai appris la mort de Jacques B., mort en août 1993... j'étais à ce moment-là en Israël. Depuis les cartes postales que je lui avais envoyées... j'attendais bêtement qu'il me fasse signe....
Jacques était un excellent photographe, extrêmement sensible, très délicat, nous allions voir des expositions ensemble, parlions tirages, problèmes d'institutions, et de deux de ses sujets favoris : la musique et l'amour... Il va terriblement me manquer.
24 juin 1995 2h. le matin
De retour de St Hyppolite du Fort d'où je viens de présenter mon film "Souvenirs d'Orient" sur la collection Bonfils.
J'ai expliqué aux gens présents dans la salle, comment on fait un tirage albuminé. (...) J'avais apporté un chassis presse, du chlorure d'or, du nitrate d'argent, des films au format, positifs et négatifs, mon tirage original de Bonfils et les copies que j'ai faites pour la Bibliothèque de Nîmes.
DÉPART POUR L'INDE EN SEPTEMBRE 1995 - RETOUR EN FRANCE EN SEPTEMBRE 1996
UNE ANNÉE DE VOYAGE, DE DÉCOUVERTES, DE RENCONTRES, DE PHOTOGRAPHIES
UNE LONGUE MARCHE DE 250 km EN SOLITAIRE, DE 900m à 3.800m,
DE BÉNI À MUKTINATH, AUTOUR DES ANNAPURNAS.... AU NÉPAL.
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